Pour tous ceux qui aiment la fille de Canada et de France Douce, voici un petit récapitulatif maison de ces 2 dernières années de carrière.

Nouba du Saptel débute à Vincennes, à la fin de ses 4 ans, le 17 décembre 2005 très exactement, avec jusque là 59.000 euros de gains environ pour 20 courses disputées (5 victoires et 5 places). Sa première course se solde par une prometteuse 3ème place, puis elle gagne brillamment la course suivante le 10 janvier 2006. Elle court de nouveau contre des femelles de son âge la fois suivante, le jour du Prix d’Amérique (je crois bien que c’est ce jour-là que je suis tombé amoureux d’elle !) : elle n’est battue que par Nazla Valière, courant tout de même excellemment ce jour-là. L’ascension de la future championne se poursuit, le 16 février 2006, durant le même meeting d’hiver, par un 2100 mètres autostart (distance qu’elle découvre : ses 3 premières courses parisiennes se sont disputées sur les 2700 m de la grande piste) : elle gagne en 1’13’6 en battant notamment la bonne Nina de Gesvres.
Elle gagne ensuite une petite course à Cholet le 19 mars 2006 avant de s’attaquer, pour sa 5ème course dans la capitale (!), aux meilleurs de sa génération. Pari osé mais réussi : dans un semi-classique, sur 2850 m GP, le Prix Robert Auvray, le 25 mars 2006, elle termine 3ème, à une seconde d’un Neutron du Cébé alors très impressionnant. Elle réédite cette performance trois semaines plus tard dans le Prix Henri Levesque (2175 m GP) : la grande Nouba est alors en marche; ce jour-là, elle trotte 1’11’8, en passant le peloton en revue et en échouant d’un rien face à un Neutron du Cébé de nouveau déferré des 4 et au top de sa forme. Il faut noter que Notre Haufor a lui aussi suivi une trajectoire similaire, brillant dans les gros prix de série le meeting d’hiver 2005-2006 puis s’attaquant aux meilleurs le printemps qui suit, avec des résultats un peu moindre (4ème et 5ème des 2 dernières courses citées).
La jument de M. Geslin, acheté vingt mille francs aux ventes de Caen, prend alors une nouvelle dimension à ce moment-là. Ce que confirme sa seconde place derrière Notre Haufor dans le semi-classique Prix Albert Demarcq, le 6 mai. Dix jours plus tard, elle court l’important Prix des Ducs de Normandie, à Caen, remporté par Kazire de Guez, elle y figure très honorablement puisqu’elle peut prétendre à une place au moment de sa faute.
La superbe machine s’enraye quelque peu durant ce mois de mai, elle connaît quelque petits soucis de santé qui l’empêche de s’entraîner normalement. Elle ne reprend l’entraînement qu’en juillet, si bien qu’il lui sera sans doute difficile d’atteindre sa meilleure forme pour le Critérium des 5 ans, prévu en septembre. Toujours est-il qu’elle fait une rentrée remarquée à Graignes fin juillet (distancée alors qu’elle cherche le passage) puis finit 5ème dans la foulée à Enghien (devancée notamment par un certain Nimrod Boréalis) après un parcours peu limpide (elle rétrograde sur une faute puis revient bien finir). Sans doute à court de préparation, elle termine 6ème du Prix Jockey : c’est, si vous me suivez depuis le début, sa plus mauvaise place sur la cendrée de Vincennes jusqu’à présent. Pourtant, ce jour-là, obligé d’avancer devant les tribunes, elle termine très honorablement, assez près des premiers. La suite : la plupart s’en souviennent encore. Une lutte magnifique avec Notre Haufor dans la dernière ligne droite du Critérium des 5 ans. Ce jour-là, elle démontre qu’elle est de la trempe des meilleurs. Et qu’elle a tout l’avenir devant elle.
La course suivante : la plupart ne s’en souviennent pas, et pourtant cela reste l’une de ses plus belles performances : elle ne termine que 6ème mais pas de n’importe quelle course, du Prix de l’Étoile (quinze jours seulement après le Critérium) et ce dans la réduction kilométrique fabuleuse de 1’11′ départ volté : c’est la jument la plus rapide de Vincennes départ volté. Pearl Queen est loin devant mais une autre reine était sur la piste ce jour-là, et elle l’aurait battue avec un handicap de seulement 25 mètres. Ce n’était pourtant que sa dixième course à Vincennes (certains en sont déjà là à trois ans à peine !) : 2 victoires, 4 deuxièmes places, 2 troisièmes places, et 2 sixièmes places. Elle a désormais 270.000 euros de gains : les courses s’annoncent plus dures mais les promesses laissées sont si grandes …
Le meeting d’hiver suivant arrive : elle fait sa rentrée dans le semi-classique prix Doynel de St Quentin, elle y termine 8ème en trottant 1’14’8. Elle n’a jusqu’alors jamais été déferrée. C’est chose faite dans la course qui suit : déferrée des postérieurs pour le prix de Chenonceaux, sur 2700 m GP. L’expérience est à moitié concluante : elle termine, sans doute encore à court de forme, 5ème. La liste des chevaux qui la devancent dans cette course fait a posteriori frémir : Exploit Caf, Nimrod Boréalis, Nana du Boisnant (au top à ce moment-là) et Offshore Dream le futur vainqueur du PA. Que du beau monde, quand même !
Dix jours après, c’est sur 2100 mètres autostart qu’on la retrouve : elle finit deuxième de Nippy Girl après avoir prolongé son désormais fameux magnifique effort dans le haut de la montée d’une faute qui lui coûte la victoire. Cette défaite fait jaser mais la classe est là et la renommée se propage. Dans le Prix de Blois, début décembre, sur la même distance, elle pulvérise ses adversaires avant de décevoir le jour de Noël dans le Prix Constant Hervieu où elle est incapable de poursuivre son effort dans la ligne droite et termine 6ème.
Dans le Prix de Lille, pour commencer l’année 2007, elle tire le 18 à l’autostart. Cela ne l’empêche pas de terminer 4ème en 1’11’2, My Love Lady réalisant ce jour-là la course de sa vie. Nouba, désormais souvent déferrée des postérieurs, fait une excellente course, sans prendre dur. Arrive le 10 février de cette année. Toujours sur 2100 mètres autostart, elle affronte un lot dans ses cordes mais elle tire le 10. Elle est déferrée des postérieurs et semble au top de sa forme en cette fin de meeting. La simple évocation de cette course me donne encore aujourd’hui des frissons. Elle est plus que brillante ce jour-là, je crois d’ailleurs qu’elle avait été chronométré 1’07″ ou 1’08″ sur ces derniers 500 mètres. Ce jour-là, pour la première fois, je rêve du prix d’Amérique. Et son entraîneur-driver aussi, peut-être, se met à y penser.
Dernière course du meeting : Prix du Plateau de Gravelle. Peu de partants mais un superbe lot et une très belle troisième place : pas déferrée, elle est gênée au moment d’accélérer dans le dernier tournant, la messe est dite, mais ce n’était qu’une bataille … Le reste est encore bien présent dans nos mémoires : mi-mars, elle gagne le grand prix de la Mayenne à Laval (toujours avec style), termine 5ème (en finissant en trombe) dans le grand prix d’Angers, et le moment de vérité survient le 21 avril dans le Prix de l’Atlantique. Comment va-t-elle se comporter face à l’élite du trot français ? On entend encore les réticences des sceptiques : elle part en seconde ligne (numéro 15), elle ne court que pour la seconde fois à Enghien, à ces chevaux-là elle n’arrivera pas à leur faire le coup de la brusque accélération… Et pourtant, si, elle leur fait le coup mais Meaulnes du Corta, courageux comme jamais, en véritable champion, vient la chercher en bout de piste. Eh oui Nouba, la ligne droite est longue à Enghien, même pour toi !
Après cette magnifique performance, la voilà de retour à Vincennes pour préparer le prix René Ballière : elle court le Prix du Crépuscule et cette course porte mal son nom car Nouba est éblouissante ce jour-là, elle gagne en 1’11’0, sans forcer, sur sa classe. Course tout simplement prodigieuse et on ne peut s’empêcher de penser que le fait qu’elle soit déferrée des 4 pieds pour la première fois ce jour-là n’y soit pas étranger … C’est sa 20ème course et sa 4ème victoire à Vincennes.
Place désormais au Prix René Ballière (avec son plateau relevé et sa dotation importante). Elle a beaucoup d’atouts de son côté , beaucoup de monde y croit, tous les fans espèrent qu’elle va prendre une superbe place pour empocher des gains en vue du prochain Prix d’Amérique. Mais Nouba les déçoit et c’est peut-être sa plus mauvaise course sur le plateau de Gravelles.
Il ne faut pas attendre longtemps pour retrouver la Nouba que l’on aime : dans son jardin, à Laval, elle se promène le 21 septembre, gagne sans en faire trop à Vincennes le jour de la coupe du monde de Trot sur un 2100m, fait un canter à Laval la fois d’après, puis la revoilà pour le meeting d’hiver. Elle court plus que proprement dans le Prix de Bretagne, où elle monte sur la seconde marche du podium, puis fait de nouveau la démonstration de toute sa classe samedi dernier en enlevant brillamment le Prix du Bourbonnais, ce qui devrait lui permettre de courir le Prix d’Amérique (et accessoirement de le préparer sereinement). La liste de ses fans s’agrandit de jour en jour, et ses plus fidèles supporters sont bien sûr soulagés et heureux de la voir récompensée du spectacle qu’elle offre à chacune de ses courses.
À Vincennes, d’après mes calculs, elle a couru 23 fois pour 6 victoires, 5 deuxièmes places (50 % de fois dans les 2 premiers), 3 troisièmes places, 1 quatrième, 1 cinquième, 3 sixièmes, 1 huitième (rentrée) places et une seule disqualification (arrivée 6ème mais ayant empiété sur l’herbe dans le René Ballière).
On le voit, sa carrière est un long fleuve tranquille, où la progression est constante et la classe permanente. La trajectoire de Nouba est si limpide jusqu’à présent que l’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle le sera encore à l’avenir.
Publié dans Biographie hippique
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